• Marie Robert

Ceci est une fin de partie



Ces temps-ci, une étrange énergie semble parsemer l’air. Chaque trajet est soumis à un questionnement. Comme mis en suspend dans un curieux mélange d’urgence, de fatalité, d’exaspération, d’épuisement, de soutien, ou de débrouillardise. Un certain goût du chaos. Les listes s’accumulent, les rendez-vous s’annulent, l’incertitude envahit cette fin de décennie. Un refrain à la Beckett : « Fini, c’est fini, ça va peut-être finir. Les grains s’ajoutent aux grains, un à un, et un jour soudain, c’est un tas, un petit tas, l’impossible tas ». Une ambiance électrique, un bordel de fin de saison. Chacun perçoit la nécessité de déménager, la certitude qu’il faut quitter les lieux, mais une soudaine mélancolie submerge en regardant notre vieil appartement. Que retiendrons-nous de ces dix dernières années ? Quels stigmates dans nos cœurs et sur nos peaux ? Quels oublis viendront enchanter l’espérance d’une nouvelle aube ? Quelle fougue nous convaincra d’un indispensable renouveau ? Dans le tumulte de nos déplacements, dans le blizzard qui rougit nos joues, prenons le temps d’un dernier regard.

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