• Marie Robert

Ceci est une fenêtre.

Ceci est une fenêtre. L’autre jour, dans une de mes story, je posais cette question : « est-ce qu’on s’écoute vraiment ? ». Chaque jour, nous parlons à des dizaines d’individus. Des proches, des inconnus, de simples connaissances. Nous échangeons des informations concrètes, parfois immédiatement utiles, parfois secondaires, mais au-delà de ces détails pratiques, nous dialoguons aussi pour « nous » dire. Pour cartographier nos souvenirs, livrer nos émotions, confesser nos erreurs, analyser nos soucis, avouer nos limites, ou partager nos joies. Ce passage par l’autre, ou plutôt par l’oreille de l’autre, est primordial. Nous entendre verbaliser certaines choses, c’est une manière d’en prendre possession, de réaliser, voire même de mesurer, ce qui nous traverse. Mais que se passe-t-il du côté de celui qui écoute ? Souvent, on ne parvient pas à s’exprimer, parce qu’au fond de nous, on est convaincu que notre interlocuteur n’est pas tout à fait disponible. On craint de l’ennuyer, d’être interrompu, d’être critiqué, on a peur que notre récit soit trop inintéressant, trop étrange ou confus. Alors on renonce. Et comme nous sommes tour à tour, des écoutés déçus et des écoutants inattentifs, on finit par ne plus se parler réellement, préférant être happés par nos écrans. Il faut dire que ce n’est pas simple d’écouter autrui. Ce n'est pas évident de prendre ce temps, loin de l’efficacité et de l’utilité. L’écoute attentive exige que l’on soit présent avec tout notre esprit et tout notre corps. Elle suppose d’avoir les yeux fixes, le visage concentré, et d’être pleinement apte à recevoir des pensées, sans rebondir, sans faire des associations d’idées, sans vouloir ajouter sa propre narration. L’écoute attentive n’est pas une conversation, il ne s’agit pas de répondre, mais simplement d’ouvrir un espace. Elle est un accès à l’autre. Et aussi difficile soit l’expérience, j’ai la certitude que c’est précisément en se connectant aussi fortement à quelqu’un, qu’on agrandit notre univers, qu’on découvre d’autres mondes et qu’on s’élève les uns les autres. « Écoutez la forêt qui pousse plutôt que l’arbre qui tombe » - Hegel. Je vous souhaite d’ouvrir vos oreilles. #Bonjour


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