• Marie Robert

Ceci est une fête.


La force. L’autorité. La loi. La solidité. La structure. Le père qui norme à défaut de porter. Le père supposé incarner une virilité souveraine. Celui qui interdit quand la mère cajole. Celui qui arrache du nid et qui ouvre le foyer à la sociabilité. Combien d’images toutes faites ? La paternité est plus que jamais un espace de clichés, malmené par des abus qui la précèdent, par l’idée d’un patriarcat nauséabond qui le rend souvent inaudible. L’histoire des pères s’est construite à travers une perception juridique, comme une réponse à l’incertitude. Car on est toujours certain de la mère, mais qu’en est-il du père ? Afin d’y répondre, il faut reconnaitre l’enfant. en le croyant sien : « Félicitations Monsieur, c’est le vôtre ». N’est père que celui qui se déclare comme tel. Et pour effacer ce doute, pour affirmer son territoire, la paternité s’est trop souvent habillée d’un pouvoir de décision et de domination. Pourtant, il y a tant d’autres manières d’approcher la magie de ce lien. De construire l’attachement dans une confiance qui n’a pas besoin d’un rempart arbitraire. D’honorer une complicité souveraine, celle de deux individus qui s’aiment, au-delà du pouvoir, au-delà de l’enfantement. Quelle aventure singulière. Quel travail d’équilibriste. Quel engagement constant. Alors à tous les papous qui ont su être autre chose que toxiques, à tous les padre qui enrobent de bisous, à tous les papas sans qui nous ne serions pas mères, et au mien, un exemple d’amour inconditionnel qui a su plus que jamais inventer son rôle, sans avoir eu lui-même de modèle, bonne fête. Je vous souhaite une journée à votre hauteur.

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