• Marie Robert

Ceci est une étape.


Sans laquelle rien n’avance. L’Aufhebung est le mot le plus célèbre de la philosophie de Hegel. Le terme est troublant car il exprime deux concepts contradictoires, la conservation et la suppression. Garder et supprimer, comme deux tenants d’un même centre. « Dans le langage courant, on peut l’utiliser par exemple pour les confitures que l’on « conserve » dans des pots pour l’hiver et dont le goût mûrit sans pour autant que le fruit en soit moins comestible. Mais c’est dans l’usage philosophique que lui donne Hegel, que le terme acquière sa puissance. Il évoque le mouvement de la pensée. Car l’Aufhebung est ce qui fait passer d’une étape d’un raisonnement à une autre. Pour l’expliquer, le philosophe prend l’exemple d’une fleur. Elle ne fleurit que si « le bouton disparaît dans l’éclatement de la floraison », comme si le bouton était « réfuté par la fleur ». Et si un fruit apparaît ensuite, il s’introduira « à la place de la fleur comme sa vérité ». Mais sans la fleur, pas de fruit, et sans le bouton, pas de fleur. Chaque phase est donc conditionnée par la précédente. Ainsi la vérité se déploie comme une sorte de vague, qui nie le phénomène par lequel elle s’est d’abord manifestée tout en conservant ce que ce phénomène a apporté au processus. Telle est l’Aufhebung. » N’ayons pas peur des fluctuations de notre esprit, n’ayons pas peur de ce que nous étions, c’est la somme de toutes nos divagations qui dessine nos contours et nous ouvre un devenir. Je vous souhaite une journée de conservation et de suppression, signes d’une pensée qui avance.

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