• Marie Robert

Ceci est une detox de l’âme



Il y a quelque chose d’assez réjouissant chez Platon, c’est l’idée que la pensée philosophique est avant tout un exercice spirituel de formation de soi. Ce n’est pas tant la solution miracle enfin découverte qui nous réconforte ou nous solidifie, c’est le processus de pensée en lui-même qui est formateur. Prenons l’exemple d’un exercice de mathématiques, que le philosophe emprunte aux pythagoriciens : rechercher la preuve purifie l’âme. Le résultat importe peu, mais le cheminement permet à l’esprit de se libérer de ses erreurs, de ses faux semblants, de ses approximations. L’effort, le temps passé à butter, à faire corps avec la complexité sont précieux, car ils aiguisent. Cette lutte est libératrice parce qu’à travers la difficulté, on s’évertue à penser avec justesse, on est prêt à abandonner une opinion antérieure en découvrant sa fausseté ou son incomplétude, et finalement, on se soumet à la beauté de l’expérience. Celle qui nous transforme. Alors peut-être qu’au lieu de chercher la fluidité, nous devons chercher ce qui chez nous gratte, démange, agace. Faire un exercice de maths où les chiffres seraient notre propre existence. Prendre le temps de batailler avec nos équations intimes, leur faire de la place. A l’issue du travail, ce n’est pas tant la résolution qui fera sourire nos cœurs, c’est la sensation que nous aurons allégé nos âmes.

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