• Marie Robert

Ceci est une dépêche.


Ceci est une dépêche. C’est amusant d’observer qu’avec les autres, la plupart de nos tensions viennent du fait qu’on ne se sent pas assez reconnu, entendu, respecté ou même considéré. Les situations de ce type sont infinies. C’est l’ado qui demande où est son pull alors qu’on tente désespérément de se concentrer pour répondre à un mail. C’est la belle-famille qui insiste afin que l’on reprenne du gâteau tandis qu’on cherche à éviter le sucre. C’est l’ami nous forçant à sortir, même si on tombe de fatigue. C’est l’amoureux qui n’exprime pas assez son enthousiasme face à une surprise qu’on vient de lui faire. C’est le collègue qui ne donne pas de coup de main ou la visite qui dure des heures alors qu’on vient d’accoucher. Aussi clichés soient-ils, ces cas de figure jalonnent bien souvent notre quotidien. Nous épuisons nos ressources en faisant face à des difficultés plus grandes que nous. Nous fatiguons nos cœurs à grand renfort de déceptions. Nous nous remplissons d’amertume car le film n’est pas celui que nous aurions voulu voir. Mais aussi légitimes soient nos émotions, il y a une question qu’on ne se posera sans doute jamais assez, une question bien plus fondamentale qu’elle n’y parait : avons-nous exprimé nos besoins ? Sommes-nous d’ailleurs capables de les identifier ? Philosophiquement, un besoin n’est pas un caprice. C’est un manque de ce qui est nécessaire à notre nature pour qu'elle puisse « fonctionner », pour qu'elle puisse continuer à exister et à accomplir ce qu'elle accomplit. A la différence de l’envie qui est transitoire, changeante et superflue, le besoin est de l’ordre de la nécessité, il est ancré dans notre nature. Le mettre en péril revient à entamer peu à peu nos fondations. Soudain, ces situations banales s’interprètent avec un regard nouveau. Car même s’il n’y a aucune gravité à chercher un pull, sortir un soir de plus, ou manger une part de gâteau, l’enjeu lui demeure primordial. Comment apprendre à dire sans culpabiliser ? Comment poser ses limites sans blesser ? Comment amener autrui à nous comprendre ? Et comment respecter les besoins des autres ? Je vous souhaite d’oser dire pour qu’on ait le courage d’entendre. #Bonjour

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