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  • Marie Robert

Ceci est une déconstruction.

Ceci est une déconstruction. Il paraît que nous sommes nombreux à être à bout de souffle, à trébucher sans cesse dans ce curieux tapis de fin d’année, à ne plus savoir de quelle manière nous pouvons mobiliser des ressources que nous n’avons pas, ou plutôt que nous n’avons plus. Je crois que ces dernières semaines, le refrain le plus répandu, le plus répété, était celui évoquant une fatigue extrême, le genre d’éreintement qui laisse l’esprit hagard, le corps fébrile, le moral grisâtre. Je ne sais pas si c’est rassurant d’envisager l’universalité de nos gouffres, mais je sais aussi que c’est parce que nous les partageons que nous pouvons y réfléchir. Et honnêtement, la fatigue j’y réfléchis beaucoup ces temps-ci. Il y a celle des jambes, restées trop longtemps debout, celle des épaules qui portent nos ambitions, nos attaches et nos naufrages. Mais je crois la plus épuisante, la plus pernicieuse, celle qui vient nous chercher au cœur de la nuit, c’est bien la fatigue informationnelle. La notion n’est pas nouvelle, elle fut développée par le psychologue britannique David Lewis, en 1996. Elle décrit cette impression d’entendre toute la journée les mêmes informations et de ne plus pouvoir les intégrer. Nos mondes digitaux ont accentué la cadence. La surcharge est devenue avalanche, faisant de nous tous des victimes autant que des bourreaux. Submergés, nos capacités d’analyse sont engourdies, nous ne savons plus distinguer l’essentiel de l’inessentiel, nous déformons, nous balayons, nous simplifions, avant de succomber à l’angoisse. Et le plus troublant dans tout cela, c’est qu’il est presque impossible de s’arrêter. Comme pour tout le reste, on soigne le mal par le mal, on trinque à la bière un lendemain de cuite, oubliant que c’est ainsi qu’on creuse notre désarroi. On se retrouve à avaler encore un peu plus d’images, encore un peu plus de stimuli. Nous devenons des spectres étrangers à nous-mêmes, car nous perdons notre identité en perdant notre pensée. Mais alors, que se passerait-il si pour une fois, dans notre vie, on apprenait à soigner le mal par le bien ? Je vous souhaite de choisir ce qui vous repose. #Bonjour Credit : Avi Tanga.



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