• Marie Robert

Ceci est une course de fond.

Ceci est une course de fond. Cette semaine, j’ai regardé deux documentaires, la série sur Orelsan et un autre sur Jennifer Lopez. Il y aurait beaucoup à dire sur ces images, sur cette nouvelle façon de montrer l’envers du décor, et de témoigner que la créativité, loin d’être une fulgurance, s’exprime au contraire par une exploration permanente, comme une toile que l’on tisse et que l’on ne craint pas de défaire s’il le faut. J’entends les cyniques qui diront que tout cela est un bel outil marketing. Peut-être, à vrai dire peu importe, car voilà des récits auxquels on a envie de croire, aussi différents soient-ils. Il y a des sentiments, de l’amitié, un travail acharné, de l’inattendu. Mais il y a un point qui me touche par-dessus tout, une notion parfaitement exprimée par J.Lo, et qui fait écho à ce que l’on voit chez Orlesan : « Je suis fière d’avoir été cette personne qui a su s’accrocher ». Persévérer. Rien que d’écrire ce mot, j’en ai les larmes aux yeux. La persévérance est bouleversante. On la trouve chez l’artiste qui tente de percer, chez le sportif qui s’entraine d’arrache-pied, chez l’enfant qui répète vingt fois les mêmes gestes avant d’y arriver, chez le convalescent qui, un mouvement après l’autre, tente de retrouver sa mobilité, chez le couple qui malgré tous les malgré décide de ne pas se quitter, chez l’entrepreneur qui de galères en galères finit par y arriver. La persévérance est peut-être la seule trace qu’il reste de nos rêves. Elle est ce que Spinoza nomme le conatus, l’effort que nous fournissons pour continuer à exister. « Toute chose s’efforce de persévérer dans son être » dit-il dans l’Éthique. Cette endurance ne répond à aucun impératif extérieur. C’est notre force de vie, un désir fondamental. Dans une ère où l’immédiateté prend toute la place, où nos désirs changent en quelques secondes, j’aime l’idée de cette puissance que l’on maintient en vie. Alors bien sûr, la persévérance a un coût, elle épuise, et il faut parfois accepter d’abandonner, cependant, il me semble que réfléchir à ce qui compte, à ce que l’on veut vraiment, est certainement la garantie de nos fiertés à venir. Je vous souhaite de tenir bon. #Bonjour


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