• Marie Robert

Ceci est une coupure nette.


Ceci est une coupure nette. Il n’y a pas longtemps, je me suis souvenue d’une blague, qui n’était peut-être pas une blague, mais qui m’avait fait rire. C’était l’histoire d’un homme qui avait peur de tout, vraiment de tout, et qui peinait même à sortir dans la rue. Dans cette cascade de peurs, ce qui le terrorisait le plus, c’était les monstres qu’il pensait avoir sous son lit. Il était incapable de dormir, en proie aux plus grandes angoisses possibles, persuadé que ces esprits démoniaques allaient bondir au moindre relâchement. Évidemment pour s’en sortir, il avait essayé des dizaines de thérapies plus ou moins longues, plus ou moins singulières, jusqu’au jour où un médecin lui avait répliqué ceci : « Bon je vois, j’ai une solution. – Dites-moi vite docteur, je n’attends que cela depuis des années. – Et bien vous allez rentrer chez vous et couper les pieds du lit ». Bien entendu, l’absurdité du traitement m’avait amusé. Il est aussi plaisant qu’insensé d’imaginer qu’on puisse supprimer aussi « pragmatiquement » une terreur dévorante. Et pourtant, en y repensant, quelque chose m'a touché et le rire a laissé place à la réflexion : d’où viennent nos peurs ? C’est-à-dire : quelles sont leurs sources ? Il est certain qu’il y a mille façons de répondre à cette question. On peut adopter une approche psychanalytique, généalogique, karmique, sociétale…etc. Cependant, je crois qu’il existe aussi une manière encore plus directe de l’aborder, c’est en observant les lieux où elles se forment. Pour ma part, des peurs surgissent dès que je plonge dans une ivresse de sur-informations. Je m’empare d’un sujet sur lequel je n’ai aucune action, je veux tout lire dessus, et soudain, c’est l’insécurité rampante. Je découvre des objets de peurs ignorés jusqu’ici et je suffoque. Loin de moi l’envie de déclarer qu’il vaut mieux « ne pas savoir », simplement, peut-être que nous devons parfois « couper les pieds du lit » pour éviter que les monstres nous dévorent. Renoncer à certaines lectures, à certaines fréquentations, à certaines pratiques, ou à certaines notifications, sur le téléphone qui ne font qu’alimenter nos tremblements. Je vous souhaite de trouver votre hache. #Bonjour

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