• Marie Robert

Ceci est une conviction.


Ceci est une conviction. Il y a quelque chose que j’aimerais essayer de mettre en mots, malgré mon émotion intense. Cette chose, c’est la beauté de ce qu’il se passe ici. Combien de fois avons-nous, à juste titre, entendu parler des dérives des réseaux sociaux ? De la violence qui s’y déploie ? De l’absence d’éthique, de ceux qui s’abritent derrière leur écran pour déverser leur haine ? Du harcèlement qui rôde et qui dissout l’altérité ? Rien de tout cela est à nier. Nous devons protéger nos enfants contre ces errances, les initier, pour qu’ils puissent en saisir les mécanismes. Pourtant, comme tous les outils que nous offrent ce curieux monde, l’usage dépend aussi de nous. Nous pouvons résister au monstre en le nourrissant autrement. Et je crois que c’est ce qu’il se passe ici. Cela n’a rien à voir avec moi. Je ne dis pas cela dans une posture d’illusoire modestie. Je suis simplement convaincue qu’une parole n’existe qu’eût égard à ceux qui la font vivre. Chaque matin, depuis des années maintenant, c’est ensemble que nous avons décidé de tisser une autre histoire. Une histoire où les émotions n’ont pas à se dissimuler. Une histoire où les bas sont aussi audibles que les hauts. Une histoire où les concepts philosophiques les plus ardus dévoilent leur douceur et leur pertinence. Hier, je lisais un texte de Delphine Horvilleur, destiné aux plus jeunes : « Ce qui devrait créer des liens renforce parfois la solitude. Tel est peut-être l'enjeu de votre génération qui grandit avec ce mode de communication inédit : de penser et repenser autrement les réseaux, de les raconter autrement. ». J’ai envie de croire que c’est précisément cette capacité à « penser et repenser » qui émerge juste là. Comme sur tous les comptes brillants qui nous éclairent, nous bousculent, nous questionnent, de @generationsxx, à tous ceux qui décident de créer un contenu percutant, drôle, salvateur. Un pied de nez à la menace, toujours si prompte à surgir. Ce n’est pas une niaiserie, ce n’est pas une mode, c’est une conviction. 2020, nous aura abîmé, mais ni l’intelligence collective, ni les soirs de fêtes n’ont dit leur dernier mot. Je vous souhaite un lundi aussi émouvant que ces solidarités.

24 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout