• Marie Robert

Ceci est une confidence



Il y avait cette habitude de s’écrire des mots dans l’agenda, ou de glisser d’infimes morceaux de papiers sous la table, en veillant à ce que le prof ne nous surprenne pas. Il y avait cette manière de faire de l’amour la plus sérieuse des ambitions, et peut-être, la plus consolable des tragédies. Il y avait ce désir de monter des plans, de tricoter des histoires, de sublimer les détails pour les transformer en interminables récits. Il y avait cette immédiateté des larmes, cette euphorie des rires, ces vertiges d’émotions qui ne demandent qu’à sortir. Il y avait ces rêves, mille rêves, comme autant de désirs impossibles à ensevelir. Il y avait les peurs paralysantes, les hontes qui dévorent, les complexes qui empêchent, les boutons sur le front. Il y eut ce temps, si mouvant, si terrifiant, si charmant. Celui de l’adolescence. Un curieux mal-être. Un temps béni où à la convenance nous répondions par l’insolence. Et aujourd’hui ? Aujourd’hui, il y a cette tendresse infinie pour les maladresses, les errements, les limites qu’on dépasse, les pulls trop longs, les tee-shirts trop courts, les timidités qu’on dissimule, les impulsions qu’on regrette, les virages qu’on négocie, et ceux que parfois, l’on plante. Mais il y a surtout l’envie furieuse de dire aux adolescents d’ici et de maintenant de ne pas avoir peur, d’oser la confiance et d’honorer les erreurs. Je nous souhaite d’être capable d’écrire ce mot dans leur agenda.

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