• Marie Robert

Ceci est une confession.


Ceci est une confession. J’ai toujours détesté le changement. Je n’ai pas aimé quitter mes écoles, j’ai rarement déménagé, j’ai regretté que les tickets de métro deviennent blancs au lieu de verts, j’ai mis un temps infini à rompre des relations compliquées, j’ai redouté chaque nouveau projet, j’ai racheté plusieurs Nokia 3310, sans compter toutes les fois, où j’ai pesté contre n’importe quelle forme de mises à jour, et cela, dans toutes les sphères de mon existence. Je fais partie de cette espèce d’êtres vivants qui n’aime que les rituels. Ceux pour qui le sol tremble à chaque variation, ceux qui vivent les pertes, même anodines comme la répétition générale d’un déchirement à venir, et ceux qui ne s’habituent jamais aux choses qui finissent. J’ai peur d’être déstabilisée, car je crains sans cesse de ne pas être à la hauteur de ces indispensables adaptations. Ce n’est pas de la rigidité, c’est le sentiment aigu que tout autour de nous tangue tellement qu’il faut s’arrimer avant que la tempête nous submerge. Alors je laisse mes doigts s’enlacer autour de mes connaissances, de mes habitudes, de mon cercle de sécurité. Et pourtant, malgré cette insupportable fidélité, j’ai la conviction que le changement est aussi la seule option pour tenir bon et conserver, ce qui au plus profond, compte réellement. Un jour, dans un salon du livre, mon idole d’enfance, l’auteure Susie Morgenstern, m’a regardé droit dans les yeux, comme si elle avait découvert un espace profondément enfoui, et sans aucun lien avec notre conversation, elle s’est écriée : « Fonce et tais-toi ». En un uppercut d’audace et de douceur, elle m’avait confronté à l’ultime paradoxe. A l’une des questions les plus dérangeantes qui soit, de celle que l’on aimerait conserver au fond d’un tiroir : à quels changements sommes-nous prêts pour obtenir ce que nous voulons ? Lorsque je parle « d’obtenir », je n’évoque ni la consommation, ni cet absurde « quand on veut on peut ». Il s’agit plutôt de nos aspirations profondes. De quelles transformations sommes-nous capables pour les honorer ? « Il faut que tout change pour que rien ne change ». Je vous souhaite de vous taire et de foncer. #Bonjour Credit : @vogue

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