• Marie Robert

Ceci est une confession.


Ceci est une confession. En ce moment, je me sens un peu nulle. Quand j’atteins des degrés élevés d’anxiété, et c’est souvent le cas en été, j’ai l’impression que tout ce que je fais est un peu vain. Comme si je n’étais portée que par une agitation maladroite et que je ne parviendrais jamais à faire assez. Pas assez pour ce monde qui se fissure de tous les côtés. Pas assez pour l’éducation et ces urgences. Pas assez pour mes élèves. Pas assez pour les autres qui traversent des gouffres et des terreurs. Pas assez pour garder ma famille toujours à mes côtés. Alors, certes, je n’ai pas le complexe du messie, je suis consciente que le principe même d’une vie est d’être soumis à ses limites. Et je suis d’autant plus culpabilisée de geindre sur mes états d’âmes, tandis qu’au dehors, ça gronde et ça mord. Est-il préférable de se taire et d’attendre d’être happée par la quotidienneté ? Peut-être. Mais ce matin, en regardant les arbres, je me suis dit que le seul pouvoir dont je disposais était d’aimer, d’être capable d’aimer très fort. J’ai pensé que l’écrire ici était un peu naïf, et pour certains, sans doute un peu simplet, un peu facile, comme un énième appel aux bons sentiments. Pourtant, en y réfléchissant, je crois que nous disposons de rien de plus puissant que cela. Pas seulement moi, mais nous tous ici. Ce n’est pas une posture, pas un habillage. Nous sommes démunis de beaucoup de choses sur cette terre, nous sommes fragiles et nus, mais quel que soit les circonstances nous avons en nous, cette possibilité-là : aimer. Souvent, elle s’estompe, elle s’éteint, elle se cache. Mais elle est là. Aimer l’autre, sa mère, son père, son amoureux, ses enfants, ses amis, ses collègues. Aimer la terre, les arbres, les objets, et les monuments. Aimer les livres, les abeilles, et aussi notre corps. Aimer l’étranger, l’inconnu, l’ignoré. Parce qu’aimer, c’est agir, montrer, préserver, élever. Alors pour tous ceux qui comme moi ce matin, se sentent défaillants et anxieux, pour tous ceux qui ont peur, qui ont mal, qui sont usés et découragés, n’oubliez pas, qu’il y a en nous tous, ce pouvoir-là. Je vous souhaite un ciel teinté d’amour. #Bonjour

39 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout