• Marie Robert

Ceci est une confession.


Ceci est une confession. C’est drôle comme on peut facilement devenir exaspérant. A peine prononcé, les mots se retrouvent sur un terrain glissant et échappent à nos intentions. Il y a quelques jours, dans le flot d’une conversation animée, je me suis entendue articuler ces quelques termes qui, ajoutés les uns aux autres, ressemblent à une formule consacrée : « peut-être faut-il que tu prennes un peu de recul ». Certes, il n’y avait là rien de choquant, un encouragement banal pour quelqu’un qui croit, comme moi, que s’extraire de la foule permet de mieux respirer. Et pourtant, à cet instant, je me suis trouvée détestable et creuse. C’était si facile à dire. Le genre de cliché dont on habille nos lèvres lorsqu’on ne sait plus quoi affirmer. Car pour prendre du recul, encore faut-il avoir de l’espace derrière soi, ne pas être acculé, oppressé, broyé par une situation qui réduit tout autour de nous. J’ai eu honte de ma maladresse. Honte de constater que face à la détresse, la pertinence se dissout et qu’il ne reste plus rien qu’un dialogue superficiel, permettant simplement de reprendre le confort de ma vie avec bonne conscience. Combien de fois avons-nous énoncé des poncifs pour choyer nos certitudes ? Alors le lendemain, au lieu d’une envolée lyrique, je me suis contentée d’un texto : « De quoi as-tu besoin ? ». Rien d’héroïque. Mais du nécessaire. Des bras, du temps, de l’argent, du réseau, de l’amour, une garde d’enfant, un trajet…etc. Qu’importe, tant qu’il s’agit de dégager les arrières et de les assurer. Peut-être est-ce ici que se niche mon intention pour les mois à venir. Etre capable de me taire afin de tendre vers une présence, qui se dispense des parades de mon égo. Je vous souhaite une journée de soutien sincère. #Bonjour#Matin#Morning#Recul Crédit : @mario_sorrenti

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