• Marie Robert

Ceci est une confession.


Un jour, il faudra vraiment que j’écrive sur cela. Sur l’envers du décor. Sur ce qu’il se passe réellement derrière les photos d’enfants irrésistibles. Sur ces enjeux permanents, sur cette responsabilité dévorante, sur ces cas de conscience, sur les pleurs qu’on ne sait pas calmer, sur l’insolence qui nous abat, sur les maladresses qui nous échappent, sur les faux pas qui nous fragilisent, sur la peur quand le téléphone s’allume, sur les textos qui ne cessent jamais, encore moins le week-end. Créer des écoles ce n’est pas simplement transmettre son savoir. Si seulement. C’est aller au cœur de toutes nos failles, de tous nos doutes, de cette société qui ne sait plus ce qu’elle a à dire. C’est refuser que le monde s’écroule tout de suite et croire qu’un chemin de traverse est encore possible. C’est plonger dans l’humain, trop humain. C’est se faire éclabousser par la réalité. C’est déconstruire ses croyances, mettre à plat ses certitudes, oublier tout ce que l’on pense connaître sur le fonctionnement des familles et jeter au feu toutes nos méthodes. Mais ce qu’il faudra surtout que je raconte un jour, c’est la puissance du groupe lorsque tout tangue. Je ne travaille qu’avec des femmes, et sur cela aussi, on m’aura tout dit. Et pourtant à la jalousie, nous n’avons jamais répondu par autre chose que par un soutien inégalable. Nous avons fait le choix singulier d’appartenir à une équipe, de mettre nos cœurs sur la table et nos espoirs en commun. Aucune place pour autre chose que l’évidence d’avancer ensemble. Hier, j’ai frôlé mille fois l’évanouissement et mille fois j’ai été relevé. Et au fond, je ne crois à rien que cela, qu’à ce fragile vernis d’humanité, qu’à cette sécurité affective qui sécurise, qu’à cette conviction que les rivières ne se détournent qu’ensemble. Je vous souhaite que l’envers du décor ne soit qu’amour et solidarité.

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