• Marie Robert

Ceci est une confession.


On s’agite. On s’énerve. On se débat. On s’offusque. On remonte les manches. On joue des coudes. On s’acharne. On s’envoie des piques. On savoure d’illusoires victoires. On s’égosille. On est prêt à tout pour gagner. Prêt à tout pour dépasser celui qui a l’audace de nous précéder. On jouit d’avoir raison. On se satisfait de notre domination. Et puis soudain, le monde nous ramène à notre trivialité. Soudain, dans le chaos, dans les ténèbres, dans l’aridité de cette année sans fin, il n’y a plus de place pour les fioritures, plus de place pour l’inélégance et les tensions superflues. Le vent est devenu tempête. Nos forces s’amenuisent. Notre corps refuse les combats qui n’en sont pas. Abandonner les armes, ce n’est pas renoncer à sa fougue, ce n’est pas être indifférent à la justice. C’est au contraire, aiguiser notre regard, concentrer notre puissance sur la seule chose qui dure et sans doute, la seule chose qui compte, l’amour. L’amour fou. L’amour suprême. Tout se joue dans ce mince interstice entre la chair et les os, entre les palpitations et la peau, entre la naissance et la mort. Le reste est anecdote. C’est intense et aride. Certaines relations ou certains projets n’y résistent pas. C’est un tri nécessaire, parfois douloureux, mais c’est peut-être la manière de traverser l’ouragan. S’alléger et laisser le néant dessiner l’évidence. « Je ne tomberai pas. J'ai atteint le centre. J'écoute le battement d'on ne sait quelle divine horloge à travers la mince cloison charnelle de la vie pleine de sang, de tressaillements et de souffles. Je suis près du noyau mystérieux des choses comme la nuit on est quelquefois près d'un cœur » - Feux, Marguerite Yourcenar. Je vous souhaite une journée où les batailles valent la peine.

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