• Marie Robert

Ceci est une colonne vertébrale



Ou passent les souvenirs ? Par quel étrange stratagème réussissons-nous à en retenir autant ? Comment se fait-il que nous ne chancelions pas sous le poids de tous ces fragments ? Précis, flous, tendres, parfois insupportables, ils se glissent dans chaque partie de nos rétines, envahissent nos cœurs, confèrent aux lieux un éclairage accessible à nous seuls. Ils surgissent, font irruption dans nos esprits sans jamais prendre le temps de frapper. C’est un éclat de lumière dans une salle de bain. Une odeur au détour d’un couloir. La saveur d’un gâteau, celle d’un monde qu’on croyait enfoui. Une rue qu’on devine sans même l’emprunter. C’est une scène qu’on aurait voulue taire. Un mot qui nous torture dans un éternel écho. Une musique, donnant la nausée. Dans notre esprit démarre le plan séquence. Langage de la déchirure ou de la nostalgie. Les souvenirs nous apprennent à jongler avec l’ambivalence. Certains sont chéris, d’autres redoutés. Précieux autant que douloureux. La marque d’une fin qui sans cesse nous dévore. Et pourtant, les souvenirs en sont-ils vraiment ? Je ne crois pas. Leur oubli est un leurre. Ils sont là, juste là. Ils trépignent dans le présent. S’interprètent, se déforment. Tremplins de joie ou de résilience. Plutôt que de les subir, peut-être faut-il saisir ce qu’ils ont à nous dire. Qu’on veuille s’en éloigner ou qu’on veuille les préserver, ils sont un socle, une ossature qui structure nos jours à venir et je vous les souhaite nombreux et heureux, prompts à devenir...de jolis souvenirs.

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