• Marie Robert

Ceci est une Cathédrale



Notre corps. Tantôt détesté, abîmé, contrarié, fragilisé, questionné, maltraité, abandonné, purifié, abusé, ignoré,...etc. Il est le réceptacle de tous nos chaos, de toutes nos peurs, de tout ce que porte notre lignée, de tout ce qui nous paralyse ou nous transcende. Combien d’injonctions lui infligeons-nous chaque jour ? Combien de dépassements exigeons-nous de lui ? Si l’aliénation de la femme passe par le corps, affirmait l’anthropologue Françoise Héritier, alors la libération doit aussi passer par là. Oui mais comment faire ? Ou placer cette curieuse ambivalence ? Et cette rage toujours sous-jacente quand notre corps ne répond pas à nos fantasmes de minceur, de force, de santé ? « Ce qui est inculqué à l’enfant, dès sa petite enfance, sur la représentation qu’il a de son corps va le poursuivre toute sa vie. Changer ces représentations est une œuvre collective qui ne peut passer que par l’action. La seule manière d’y arriver c’est de faire prendre conscience ». - Françoise Héritier. Prendre conscience. C’est autre chose que de donner l’illusion d’une forme de tolérance. C’est transformer nos paroles et nos regards, et plus encore ceux que nous adressons aux enfants. C’est être capable de prendre la mesure de cette chair qui nous porte, de ce prodigieux amas de cellules et de sang qui nous permet de vivre. C’est l’honorer avec le respect et la déférence qu’il mérite. Comme une Cathédrale qui pourrait elle aussi s’effondrer.

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