• Marie Robert

Ceci est une caresse.


Ceci est une caresse. Hier je parlais des larmes, et en lisant quelques commentaires teintés d’ombres et d’anxiété, une question a surgit dans mon esprit : quelle est la dernière fois que l’on s’est réjoui ? Vraiment réjoui ? Que l’on a baissé notre garde et que l’on s’est laissé envahir par l’excitation ? C’est étrange comme dans ce curieux automne nos perspectives se resserrent. Le monde est devenu un immense chaos sonore. Chacun y va de sa légitime aigreur, de sa peur bouillonnante, de sa position souveraine. La précarité s’immisce dans nos solidités financières, écologiques, émotionnelles, collectives, républicaines. La tempête gronde et rend caduque nos vaines installations. Inutile de s’accrocher, ça tangue. Et pourtant. Et pourtant, j’ai la chance de faire un métier qui rappelle à l’ordre, non pas à la règle, mais à l’ordre du temps. Les enfants sont tout aussi métaphysiques que nous, on ne peut pas sous-estimer leurs angoisses, ni leurs drames, mais ils possèdent quelque chose que nous perdons, ou du moins que nous laissons de côté à mesure que l’on grandit, c’est peut-être la capacité à s’enraciner dans la joie. A faire de la petite joie un évènement grandiose, suffisamment spectaculaire pour qu’elle inonde le corps et l’esprit, et nous laisse goûter au bonheur. Hier, alors que je disais que ma semaine était un peu complexe et que j’étais hantée par des idées tristes, un enfant de cinq ans, passant dans le couloir à s’est mis à m’interpeller : « Marie !!! Mais tu sais que dans 4 semaines, oui 4 semaines c’est mon anniversaire ! Oh je suis trop trop content ! Je peux t’inviter si tu veux ! ». Parole anodine, mais dont chaque syllabe est venue réchauffer mes os, caresser mon épiderme. Ainsi va la vie, le temps, les choses. Tout passe. Tout avance. Tout se transforme. Reste les seuls piliers, qui n’ont rien de simplistes, ni d’illusoires, et qui sont peut-être, une réponse éthique, politique, et philosophique à ce que nous traversons. L’amour, la joie, la douceur. Le courage des réjouissances, celles qui se partagent, celles des mains qui se tendent et se lient. Je vous souhaite une journée grandiose. #Bonjour Credit : Clémentine Desseaux.

17 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout