• Marie Robert

Ceci est une bulle d’amour.


Ceci est une bulle d’amour. Il se passe quelque chose de très émouvant depuis mes quelques partages autour de l’écriture et de la manière dont j’organise mes séances de travail. Voilà que dans ma solitude besogneuse, je me retrouve accompagnée par un peuple d’auteurs qui se cachait derrière l’écran. Il y a ceux qui rêvent d’écrire, ceux qui en bavent d’écrire, ceux qui arrêtent d’écrire, ceux qui ne parviennent pas à écrire, ceux qui ne peuvent pas faire autre chose qu’écrire, ceux qui n’osent pas écrire, ceux qui trouvent ça nul, ceux qui tentent d’écrire en faisant des pâtes au pesto à leur famille, ceux qui écrivent au café, ceux qui ont honte de leurs mots, ceux qui respirent grâce à leurs phrases, ceux qui veulent écrire du noir, ceux qui s’exercent à la comédie, et ceux qui voudraient juste raconter leur vie. Chaque histoire, chaque témoignage, chaque commentaire, vient remuer quelque chose dans mon ventre. Car imaginer que dans ce monde d’images et de bruit, il puisse y avoir un tel désir pour les textes participe à ma confiance en l’existence. Écrire suppose de s’arrêter un instant pour entendre sa voix, mais aussi celles des autres, celles des personnages, celles des virgules et des pages. Écrire impose de prendre à bras le corps la matière, ce résidu de pensées qui rôdent, et décider d’en faire quelque chose. Ça suppose parfois de plonger dans un dictionnaire, d’effacer, de recommencer, de s’énerver, et d’y revenir. Et toujours d’en sortir un peu plus affuté. Il y a longtemps, j’avais un professeur d’histoire, très insolite, qui répétait sans cesse : « quand on écrit au moins, on ne donne pas de coups ». Ce n’est pas tout à fait juste, car certains textes frappent au cœur, mais l’ambition est bien là, quand on écrit on n’abîme pas. On transpose sa violence, ses peurs, ses doutes, ses aigreurs, ses désirs, ailleurs que sur les gens autour. Alors qu’importe qu’on écrive « bien » ou pas, qu’on connaisse des tas de synonymes ou que notre vocabulaire peine à chaque paragraphe, pourvu qu’on dépose ce qui rugit au-dedans. Je vous souhaite le courage de prendre vos claviers, vos stylos et d’enfin y aller. #Bonjour

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