• Marie Robert

Ceci est une bonne raison d’aller à l’école



C’est à Londres que Mary Wollstonecraft naît le 27 avril 1759. Issue d’une famille aisée, son père spécule autant qu’il boit, et laisse ses proches au bord de la ruine. Homme violent et instable, c’est dès son plus jeune âge que Mary saisit la nécessité de se protéger. Pendant l’adolescence, elle se forme intellectuellement et socialement, ses lectures construisent sa pensée avec au cœur, cette interrogation qui la préoccupe sans cesse : pourquoi les filles ne sont pas élevées comme les garçons ? Autour de 1790, le débat sur les droits des femmes prend de l’importance, dans un contexte où l’idéal du citoyen républicain demeure masculin, malgré les élans révolutionnaires. Au sein d’un bien étrange rapport, Charles-Maurice de Talleyrand recommande de réserver l’instruction publique aux garçons. Cette fois-ci, s’en est trop pour Mary. C’est en réponse à ce dernier qu’elle rédige son essai, « Défense des droits des femmes », et soutient que l’inégalité entre les hommes et les femmes n’est pas fondée sur la nature, mais précisément sur un manque d’éducation des unes au profit des autres. Contre toutes les théories prétendument scientifiques de l’époque, il lui semble évident que les femmes, comme les hommes, sont des êtres rationnellement égaux. Elle s’offusque qu’on encourage les petites filles à la frivolité, réduisant, ainsi leur capacité d’émancipation. Sans jamais vouloir opposer les sexes, elle rétablit une évidence. Sa pensée, souvent ridiculisée, critiquée, peine à se faire connaitre. Dans l’intimité, son cœur chavire, ses relations amoureuses sont tissées de tumultes, et des passions les plus vives. Mais rien ne la détourne de son combat : faire de tout le peuple, et non de sa moitié seulement, un ensemble de individus vertueux, capables de nuances, d’analyses, d’engagement. Elle se marie finalement avec le philosophe William Godwin et meurt peu après l’accouchement de sa seconde fille…qui deviendra Mary Shelley, l’auteur célèbre de « Frankenstein », rendant hommage, par son talent, à l’héritage de sa mère. Faisons vivre la pensée de Mary et emmenons joyeusement nos enfants, filles et garçons, à l’école !

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