• Marie Robert

Ceci est une aube.


La fin des vacances. La fin d’un livre. La fin d’une relation. La fin d’une journée. La fin d’un cycle, d’une année, d’une série ou peut-être d’une vie. La fin est un instant de vertige. Le négatif du point d’impact. Cette poussière de secondes qui nous impose un détachement souvent insupportable. Comme un flirt avec le déchirement ou la mélancolie. C’est un espace soudain devenu vierge, qui refuse l’action, et nous incite à une curieuse résignation. Comment adoucir ce moment où l’on doit sortir de la pièce ? Ou nous n’avons pas d’autre alternative que de fermer les paupières, la porte, la page ? Encore un peu. Si seulement on pouvait rester à jouer dans la piscine quelques minutes supplémentaires. Bien sûr, on a beau savoir que « toutes les choses ont une fin ». On nous le dit, on nous le répète, on en fait des proverbes. On sait que c’est souhaitable et parfois nécessaire. On a beau saisir que la suite repose sur l’idée même que certaines choses s’arrêtent. On a beau avoir la conviction que l’horizon réclame la nuit pour laisser percer le jour. On a beau être pleinement averti de tout cela, je crois qu’au fond, on ne s’habitue jamais aux choses qui finissent. Pas moi en tout cas. Mais alors quoi ? Faut-il se rouler par terre ? Retenir sa respiration ? Maudire le flux des jours ? Non, la seule issue est de continuer. Affronter l’absurdité de ce geste. Je ne peux pas continuer, je vais donc continuer. Laisser le mouvement nous envahir pour que toutes les fins et tous les débuts se confondent, et ne deviennent qu’une même onde, qu’on appelle sans doute le vivant. « La fin est dans le commencement, et cependant on continue » - Beckett. Je vous souhaite une journée une journée entière dans la piscine.

0 vue0 commentaire

Posts récents

Voir tout