• Marie Robert

Ceci est une aube



Elle est historique. Que nous aura-t-il fallu pour que nous comprenions que nous sommes notre seule issue ? Dans le confinement de nos appartements, dans la déchirure de nos séparations, se dessine un tout nouvel horizon. Une épreuve. Un rite initiatique pour un collectif qui n’avait plus de repères, qui ne savaient plus dire son nom. Dans cette distance, qui soudain s’impose, nous saisissons que nous sommes chacun les maillons d’une même chaîne. Voilà ce que le spectre de cette épidémie nous enseigne. Je suis lui, il est moi. Nos gestes nous engagent, notre conscience nous oblige. Qui y-a-t’il de plus alignant ? Qui y-a-t’il de plus bouleversant ? Dans la lucarne de notre écran, le visage de l’autre devient un point d’ouverture, et l’altérité une respiration. Ce « nous », si souvent oublié, si souvent contraignant, s’affiche désormais comme un rempart. Une exemplarité que nous devons au personnel soignant. La solidarité se met en marche. Les réseaux produisent de l’amour en pagaille. Tant de soutien, tant d’élan. Amis. Inconnus. Collègues. Grands-parents. Peu à peu, nous nous transformons en force vive, capable des plus émouvantes initiatives. C’est un défi lancé à notre civisme, et sans doute à notre civilisation. Nous avons désormais une quarantaine pour ancrer ces nouvelles habitudes au profond de nos cellules. Pour que ce virus n’atteigne que les fondements d’un système qui nous voulait individuels. Souhaitons que cette journée soit la première du reste de nos vies.

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