• Marie Robert

Ceci est une analyse de texte.


Ceci est une analyse de texte. Je me demande souvent ce que ça signifie de discuter avec des gens. Je veux dire, autrement qu’en échangeant des informations factuelles, des nouvelles de nos vies, des projets en cours, des tâches à effectuer, et des paroles sur les absents. Il se passe tellement de choses dans nos têtes, tellement de couches de réflexions que nous jugeons indicibles. La plupart du temps, nous ne voyons pas l’intérêt de les transmettre, et surtout, nous n’avons pas toujours l’envie de les partager, craignant que la réception de nos méditations ne soit pas à la hauteur de ce que nous espérions. Alors souvent, nos échanges naviguent dans une zone vague, un territoire convivial où l’intimité s’effleure, où nos phrases répondent à celles de l’autre sans pour autant totalement s’imbriquer. Ce constat est sans tristesse, ni gravité, car cette manière de dialoguer nous permet d’avoir des amis, de bâtir des relations professionnelles, voire même de faire des repas joyeux et des promenades bavardes. Pourtant, quelque chose me trouble. Au lycée, je me souviens d’avoir adoré mes cours de français. J’aimais particulièrement cette façon que nous avions, de passer des heures à décortiquer un texte, à interpréter sa substance, à cheminer, d’indices en indices, d’hypothèses en observations. J’avais l’impression de faire un corps à corps avec l’auteur, de rencontrer totalement les personnages, de regarder fixement ce qu’il se passait dans leurs cerveaux de papier. Hier, je me suis demandée ce que ça ferait si l’on s’écoutait aussi intensément que lors d’une analyse de texte. Si au lieu de vouloir répondre, de vouloir raconter à notre tour ou de saisir notre téléphone, on écoutait l’autre, avec toute la concentration dont nous sommes capables. Sans doute que le lien prendrait une autre dimension, parce qu’alors, on découvrirait ce que l’on ignore, et ce qui, peut-être, fait la beauté de l’histoire. « Chacun de nous a son passé renfermé en lui, comme les pages d'un vieux livre qu'il connaît par cœur, mais dont ses amis pourront seulement lire le titre. » - Virginia Woolf. Je vous souhaite de ne pas vous arrêter au titre. #Bonjour Credit : Misuzki Sami.

25 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout