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  • Marie Robert

Ceci est une alerte.

Ceci est une alerte. « - C’est mon matériel ! », « Maiiiis ! Ne prends pas mes kapla, c’est à moi de jouer ! », etc. Des phrases comme celles-ci j’en ai des dizaines dans mon sac de Directrice d’écoles. Autant de formules exprimant le besoin de possession, le marquage d’un territoire, et l’impérieuse envie de se sentir maître de son monde. Je connais le développement psychique des enfants, et j’essaye, avec toute la modestie que cela suppose, de répondre autant que possible à leurs besoins. Mais de temps en temps, je m’interroge. Je me demande ce qu’il s’est passé pour que l’individualisme soit devenu une norme autant banalisée, pour que le jeu repose uniquement sur le désir d’avoir plus que l’autre, et pour qu’un « kapla » soit une denrée qu’on n’envisage pas de partager. Les enfants me fascinent parce qu’ils sont le miroir de notre société, le réceptacle de toutes nos errances. Alors, à quel moment avons-nous perdu le goût d’être ensemble ? A quel moment notre intelligence collective s’est dissoute dans l’égo roi ? Je n’ai pas les réponses. Je ne fais pas la morale. Et ce système, j'en fais partie. Cependant, je sais que je n’ai jamais été aussi heureuse que lors des grands soirs de célébration commune. Je ne me suis jamais sentie autant vivante que dans le militantisme, le sport collectif et le travail en équipe. Je n’ai jamais eu autant de frissons que durant un concert où le refrain est repris par l’ensemble de nos voix. Et j’aurais difficilement survécu au quotidien sans mon village. Ce matin, j’ai donc le cœur lourd à l’idée que les générations à venir ne puissent pas connaître cette ivresse-là. Partager n’est pas une énième injonction dans un quotidien qui n’en peut plus de conjuguer les « il faut », c’est une clé du mieux-être, une porte d’entrée pour ne plus s’épuiser dans l’établissement de vaines protections. Partager ses « Kapla » c’est construire des tours plus grandes et plus innovantes. C’est se taper dans la main en voyant le résultat et trembler à l’idée de tout faire tomber. Partager, c’est surtout avoir plusieurs épaules pour supporter tout le poids du ciel. Je vous souhaite de vous rappeler que ce qui est à moi est à vous. #Bonjour



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