• Marie Robert

Ceci est une énigme.

Ceci est une énigme. Il y a une chose à laquelle je reviens sans cesse, et qui doit finir par être redondante pour ceux qui me lisent ici, mais qui néanmoins constitue l’un des points centraux de ma pensée : c’est la question de la famille. Je ne me lasse pas de réfléchir à cette cellule étrange, qui ne répond à aucune évidence. Que dit-on lorsqu’on dit « parents», « grands-parents », « frères », « tantes », « cousins » ? Et même, qu’exprime-t-on lorsqu’on emploie « mon mari », « ma femme » ou « mon époux » ? Bien sûr, il y a des engagements juridiques, qui sont souvent de maigres remparts préservant d’une certaine catégorie de blessures. Des lois républicaines, faibles protections comparées aux crimes qui peuvent être commis dans les foyers. Car l’intrigue est bien là : dans quelle mesure, ces modalités qu’on évoque, à travers tant de mots, de fêtes, de commentaires, disent quoique ce soit de la réalité de nos liens ? La théorie impose l’idée complexe, qu’être de la « même famille » devrait impliquer un certain type de comportements, d’attitudes, de soins, de soutiens, de partages, de compréhensions. Est-ce le cas ? Parfois, oui, évidemment. Mais dans combien de clans, ces pseudo-évidences font-elles défaut ? Combien de trahisons ordinaires, de médiocrités acceptées, de comptabilités entre fratries, de mères abusives, de pères toxiques, d’oncles pervers ? Combien d’acceptations insupportables au nom d’un idéal ? Il s’avère que je viens d’une famille à l’amour exemplaire. Mais cet amour a grandi à l’aune de nos relations. J’ai passé des milliers d’heure à parler avec ma mère, fascinée par son esprit, bien plus que par nos gènes communs. Je suis subjuguée par la précision, la sensibilité, et la délicatesse de mon père, qui dépassent de loin la reconnaissance de sa paternité. Et ce que je préfère dans mes livres, c’est de vivre une aventure avec mon frère, et de nous créer des souvenirs communs. Les titres ne sont rien, seul le vécu compte. Le devoir, je crois, est d’être à la hauteur de l’individu en face de nous, et d’honorer l’humain plus que le « parent ». Je vous souhaite d’être « agrandi » par vos familles ou de savoir, faire sans. #Bonjour


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