• Marie Robert

Ceci est un tube.


Ceci est un tube. C’est une histoire d’ondes orangées qui bousculent le ciel. Une odeur de laurier tenant tête au jasmin. C’est un soleil qui refuse son crépuscule. La moiteur d’une salle d’examen. C’est une peau irriguée de sueur. Une paire de sandales flirtant avec les pieds. Et c’est notre espérance, chaque soir, un peu plus étirée. On aura beau répéter « qu’il fait chaud », on aura beau se laisser happer par le tourbillon, on aura beau avoir le dos courbé par les dossiers à boucler, je crois qu’il y a dans ces quelques jours avant l’été, une infinie poésie dont j’ai du mal à me lasser. Nous passons le plus clair de nos vies, à constater, avec impuissance et rage, la symphonie du déclin, à voir le sablier nous narguer de ces odieux grains de sable. Dans cette chronique d’une fin annoncée, les heures de juin nous offrent une parenthèse, une parade, la possibilité d’un progrès, aussi fugace soit-il. De minutes en minutes, la vie, et ses lumières, gagnent en présence, nous emplissent de désir. De quoi avons-nous mûri au cœur de l’hiver ? Qu’est-ce qui arrive à point ? Quels fruits ? Quelles fougues ? Quels abandons ? De quoi grandissons-nous dans ces journées sans fin ? Hier soir, je regardais les rues de Marseille, infatigables, insolentes, agitées, tous ces gens qui n’avaient pas envie d’aller se coucher, et j’ai été traversée par une vague, une secousse, le genre d’instant aussi bouleversant qu’un long plan séquence. Et de toutes mes forces, de tout mon cœur, je nous ai voulu unis autour de cette ivresse que la nature nous offre chaque année et que chante si bien Clara Luciani dans ce tube de l’été, qui longtemps encore, nous rappellera notre impossible hiver : « Il faut qu'ça bouge, il faut que ça tremble, Il faut qu'ça transpire encore, Dans le bordel des bars le soir, Débraillés dans le noir, Il faudra réapprendre à boire, Il faudra respirer encore, Il faut qu'ça bouge, il faut que ça tremble, Il faut qu'ça transpire encore, Dans le bordel des bars le soir, Débraillés dans le noir, Il faudra réapprendre à boire, Il faudra respirer encore ». Je vous souhaite de vous gorger d’amour. #Bonjour@jesuisclaraluciani

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