• Marie Robert

Ceci est un triomphe.



Qu’on ne doit pas seulement aux dieux du rock and roll mais aussi à l’opiniâtreté d’une mère et au courage d’un fils. Lorsque j’ai rencontré Corentin en classe de seconde, son visage avait beau être caché derrière ses boucles brunes, il portait déjà les marques d’une immense fatigue. Celle de la lutte incessante contre un système qui tente trop souvent, par asphyxie ou manque de moyens, de faire rentrer des ronds dans des carrés. A un certain degré, la dyslexie s’imprègne dans la chair et diffuse sa complexité dans toutes les interactions sociales. Pas d’autre choix que de se taire, de limiter les échanges, de laisser l’angoisse pernicieuse s’emparer de toutes les sessions d’examens. Mais les mères n’ont que faire du déterminisme, et celle de Corentin a su voir en son fils l’étoffe d’un héros. Alors à grand renfort de travail, d’amour, d’accompagnement, d’aide et d’interlocuteurs pertinents, ils ont remporté des batailles, comme celle si symboliquement normative du baccalauréat, mais aussi celle du plaisir qui fait oublier tous les efforts. Car si pour lui les lettres sont confuses, ce n’est pas le cas des notes de musique. La preuve, hier, j’ai reçu cette photo prise juste après avoir joué au Stade de France avec 1000 autres musiciens. Il irradie. Et la fatigue semble bien loin. Bref, il vaut mieux écouter les Stones que les prophéties.

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