top of page
  • Marie Robert

Ceci est un tremplin.

Ceci est un tremplin. Hier, en faisant une course, je me suis retrouvée derrière deux jeunes filles, âgées d'une dizaine d’années : « Non mais elle, je l’admire trop, elle danse super bien ». Je ne sais pas exactement de qui il était question, mais la réflexion m’a interpellée. Qui admirons-nous ? Et pourquoi ? Comment se traduit notre admiration ? Faut-il, pour devenir adulte, cesser un jour d’admirer ? Est-ce une forme déguisée de dévalorisation ou de compétition ? Philosophiquement, les plus jolies pages sur l’admiration se trouvent chez Descartes dans « Les Passions de l’âme ». Pour lui, l’admiration est un élan, qui n’est pas rationnel, qui ne cherche pas l’utilité, mais qui précisément vient surprendre notre cœur. Soudain, au détour d’un film, d’un exploit sportif, d’une conversation, d’une œuvre, ou d’un paysage, nous rencontrons ce « quelque chose » qui arrête le cours ordinaire de notre existence et qui vient caresser notre esprit. L’admiration, dit-il, est une « subite surprise de l’âme, qui fait qu’elle se porte à considérer avec attention les objets qui lui semblent rares et extraordinaires ». On admire parce qu’on ouvre nos yeux, parce qu’on sort de notre narcissisme, parce qu’on se laisse envahir par l’émerveillement. Cette irruption de l’inattendu nous conduit à « ad-mirer », c’est-à-dire à regarder vers l’objet qui nous fascine. Bien sûr, l’admiration devient dangereuse lorsqu’elle est imitation ou obsession, lorsqu’on est englouti par l’autre, et que par admiration on accepte l’inacceptable. Mais en dehors de ces rivages obscurs, je crois qu’elle est un moteur. Je suis émue par cette idée qu’on puisse être nourri par autrui, et qu’en le contemplant, on ose tenter des choses qui nous semblaient impossibles ou irréalisables. Je pense à tous les enfants qui ont goûté au sport parce qu’un champion leur a donné l’envie, à toutes les pages que j’ai lues pour à mon tour, écrire quelques mots, à toutes les figures politiques qui ont montré le chemin du combat, à toutes les Iraniennes qui nous rappellent nos privilèges. Alors choisissons ceux qui vont nous tirer vers le haut. Je vous souhaite d’admirer ceux qui en valent la peine. #Bonjour@s_khadem


134 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout
bottom of page