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  • Marie Robert

Ceci est un trésor.

Ceci est un trésor. Hier, alors qu’à nouveau, j’écoutais une conversation dans un café, j’ai entendu une phrase qui m’a saisi en plein vol à tel point qu’elle m’a réveillé au milieu de la nuit : « Je n’ai pas d’amour ». Je-n-ai-pas-d-amour. Les syllabes se sont découpées dans ma tête formant autour de moi une danse macabre. Tout dans cette parole m’a ramené à une douleur insensée, comme une tige métallique s’enfonçant au plus profond de mes entrailles. Évidemment, la jeune femme tenant cette conversation voulait évoquer son célibat, faire état d’une absence de situation amoureuse. Elle constatait avec une forme de résignation qu’elle n’était pas en couple, qu’elle ne pouvait pas partager les grandeurs et décadences de l’existence avec un individu. Cependant, j’ai trouvé la tournure particulièrement aride. Bien sûr que l’état amoureux, lorsqu’il est vécu dans la grâce, donne envie de célébrer l’existence. Il nous plonge dans un sentiment d’allégresse permanent, il augmente notre puissance d’être, et le célibat peut parfois nous ramener à une solitude contrariante, à un silence angoissant. Pour autant, peut-on dire, même célibataire depuis un jour, un mois, dix ans, une vie, qu’on n’a « pas d’amour » ? L’amour amoureux est-il la seule modalité qui donne des papillons dans le ventre ? J’ai l’absolue conviction que ce n’est pas le cas. Ce matin, j’ai envie de crier que l’amour est partout, partout où nous sommes capables de le voir et de le raconter. L’amour est contenu dans les sons, dans les images, dans les odeurs, dans le frémissement du vent qui secoue les arbres en janvier, dans les gémissements des hérissons cachés sous les feuillages, dans les mains des couturières qui cherchent à repriser une robe, dans l’arrogance des nuages qui annoncent la pluie, dans la détermination des enfants, dans la fidélité des amis, dans l’envol des oiseaux migrateurs, dans les vagues qui cassent sur le sable. L’amour n’est pas une « situation », il est là, dans cette curieuse folie du vivant, qui poursuit sa route, coûte que coûte. Plus nous apprendrons à le voir, à le ressentir, plus nous le préserverons. Je vous souhaite de percevoir l’amour, toujours. #Bonjour



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