• Marie Robert

Ceci est un tourbillon de vie.


Ceci est un tourbillon de vie. Il y a aura les pleurs de plus jeunes et les yeux rouges des parents. Les copines en sac en dos qui attendent sur le trottoir d’en face. Les bises qui claquent et les traces de bronzages. Les fiches à remplir, les livres à couvrir et les emplois du temps impossibles à concilier. Il y a aura cette étrange universalité qui, un jour au moins, traverse la France. On la devinait ici et là, mais cette fois, elle est là pour de bon : l’immuable rentrée scolaire. Celle qui chaque année, qu’on ait des enfants ou non, en appelle à nos souvenirs, à cette odeur de craie, à ces listes affichées dans la cour, à cette excitation du retour ou cette terreur de la reprise. Rentrée scolaire. L’étymologie elle-même nous trouble, il s’agirait de revenir à l’endroit que l’on avait quitté. Une forme de résignation convenue qui nous rappelle que la fête est finie, et qu’il est interdit de se réjouir. Il faut « rentrer ». Revenir au port. Décliner le champ lexical des cols roulés et des carnets de correspondances. On se couche tôt. On souligne la date en rouge, soigneusement, comme si ce nouveau départ allait alléger la peine, allait nous faire oublier la langueur des couchers de soleil. Pas d’autre choix que d’y aller. Parler aux copains de classe ou à ceux du bureau. S’inscrire aux nouvelles activités sportives avant de s’en lasser. Regarder les feuilles jaunir puis tomber. Mais tout cela n’est-il pas un calme illusoire ? Un ordre factice ? Car derrière ce décor trop sage se dissimule une scène qui ne demande qu’à être remplie d’intrigues, de fureurs, de tourments, de joies. Combien de relations seront nouées dans les cours d’école et devant les machines à café ? Combien de drame silencieux et d’excitation bavarde ? Combien d’annonces à encaisser ou de surprises à savourer ? La date vacille. Les cahiers neufs deviennent brouillons. La plage n’est plus, mais notre tumulte est le même, quel que soit le cycle. On rentre certes, mais on vit surtout. Alors, haut les cœurs, à tous les professeurs et à tous les élèves, que cette année soit à la hauteur de nos rêves. Je vous souhaite une bonne journée. #Bonjour

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