• Marie Robert

Ceci est un temps qui ne se conjugue qu’en le vivant



Lundi matin. Le curieux rituel des plannings. La semaine qui dessine ses contours, qui se parfume d’heures, de minutes, de rendez-vous, de déplacements. L’esprit qui devance nos montres. Les agendas réels ou virtuels qui se remplissent d’alertes. Prévoir, c’est contraindre, mais c’est aussi permettre, ordonner, dégager, et aussi, souvent, se réjouir. C’est en somme être capable de se percevoir dans le futur. Ce temps curieux qui existe déjà dans le présent et qui contient le passé. Le futur se charge de ce qui fût. Qu’il soit doux ou pénible, il s’anticipe. Mais qu’en est-il de l’avenir ? L’avenir est ce qui va « advenir ». Ce qui n’est pas encore là. Ce qui refuse de se donner, de se dévoiler. Ce qui se drape dans le brouillard, dans les plis mystérieux de l’imprévisible. L’avenir se rêve, se fantasme, se redoute, mais à l’inverse du futur, il ne s’anticipe pas. Il nous engage à la confiance, jongle avec nos craintes, terrifie par son possible chaos. L’avenir obsède, nous nargue de sa non-maîtrise. Mais c’est aussi dans son lit que se façonne l’inattendu. Ce fragile vernis d’humanité qui n’a d’autre issue que d’être vécu. Je vous souhaite un avenir aussi doux que votre futur.

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