• Marie Robert

Ceci est un substitut.


Ceci est un substitut. C’est ce mail qu’on lit un peu trop tôt, ou un peu trop tard, où peut-être même en pleine nuit, et qui nous empêche de nous rendormir. C’est cette conversation qui ne passe pas, qu’on ressasse, et dont le reflux nous éreinte. C’est cette image, engluée dans notre rétine qui surgit au milieu d’une réunion ou dans les couloirs du métro. « Comment peut-elle dire une chose pareille ? », « Comment vais-je faire ? », « Et que ce serait-il passé si j’avais réagi autrement ? ». Combien de fois répétons-nous ces mots ? On a beau savoir qu’il est vain de s’y attacher, qu’il est absurde de donner tant de place à ces particules de chaos, on a beau faire preuve de lucidité et d’analyse, on ne parvient pourtant pas à s’en défaire. Les pensées obsessionnelles ponctuent nos journées, rendent inaudibles tout ce qui entoure, et prennent en otage notre concentration. Mais au-delà de la place qu’on leur accorde, au-delà de leur incessante répétition, est-ce que nous interrogeons leur substance ? Qu’est-ce que ces pensées ont à nous dire ? Que relèvent-elles de nous ? De nos peurs, de nos limites, de nos angoisses ? Pourquoi décide-t-on de leur donner de l’importance ? Et quelle lueur aurait notre monde si nos désirs occupaient autant d’espace ? Comme souvent, la compréhension ne résout rien, ne protège de rien, mais elle offre le support d’une sérénité à venir. Et lorsque le vacarme de nos pensées obsessionnelles devient plus supportable, peut-être pouvons-nous alors nourrir autrement ce singulier système qu’est notre cerveau. L’abreuver d’espoirs incandescents, de projets audacieux, de mots d’amour, de complexité salvatrice. L’esprit cherche les parois qui lui donneront une forme, il a besoin de matière, à nous de réfléchir à la teneur de celle que nous lui proposons. Je vous souhaite une journée de pensées savoureuses. #Bonjour#Matin#Morning#Pensées#PhilosophyIsSexy

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