• Marie Robert

Ceci est un socle.


Ceci est un socle. C’est passionnant d’observer le nombre de peurs qui nous traverse dans une journée. En tout cas, chez moi elles sont nombreuses. Il y a des peurs banales, envahissantes mais anodines, presque mécaniques. Comme la peur de ne pas avoir fermé la porte ou la peur de ne pas avoir éteint la plaque électrique. Il y a aussi des peurs pragmatiques, de celles qui viennent malmener nos fondations. La peur de ne pas réussir à tenir financièrement, la peur de décevoir, la peur de passer à côté d’une mission, et plus généralement, tout ce qui nous projette dans un futur incertain. Evidemment, à cette liste viennent s’ajouter nos peurs étranges, celles des chiens ou des canards, celles des esprits ou de la nuit, celles de l’invisible et des ombres sous le lit. Et bien entendu, il y a les insoutenables peurs métaphysiques qui tourmentent, paralysent, dévorent. Qui empêchent de fermer les yeux. Qui raidissent le corps. Qui étouffent l’âme. Elles diffèrent selon les récits, les cultures, les histoires de chacun. Pour certains, comme moi, c’est la peur de perdre les gens que j’aime, pour d’autres, c’est celle de ne pas être à leur place, de s’être trompé de vie, de trahir, de mentir, de blesser, ou de ne plus jamais percevoir le sens des choses. Bref, il faudrait des dizaines de lignes pour décortiquer ce qui se joue dans ces volutes quotidiennes. C’est passionnant, mais il me semble qu’il y a une question que l’on adresse beaucoup moins et qui l’est tout autant. Nous connaissons ce qui nous fait peur, en revanche nous sommes bien moins habiles pour mentionner ce qui nous sécurise. A quelles conditions, avec qui, et pourquoi, nous sentons-nous ancrés et confiants ? Qu’est-ce qui nous donne ce sentiment, voire même cette sensation, d’être à « l’abri » du danger ? Est-ce un rituel intime ? Une méditation ? Des mots à entendre ? Un cadre concret ? Une respiration ? Un salaire ? Une étreinte ? S’interroger, c’est le comprendre, et le comprendre, c’est le construire. C’est aller à la rencontre de notre socle qui peu à peu deviendra peut-être une forteresse intérieure hermétique à la peur. Je vous souhaite d’être en sécurité. #Bonjour

Credit: D.Benhart

43 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout