• Marie Robert

Ceci est un socle.


Les pensées s’agitent. Elles viennent bousculer ce qui était devenu, presque malgré nous, une habitude. Les nuits se pointillent. La confusion habille toutes nos conversations. Tant de questions. Comment se projeter dans quelque chose dont on ignore la teneur ? Dans un familier désormais inconnu ? Alors on bataille. On s’oppose. On élabore des plans sur de lointaines comètes. Onrésiste, comme on peut, à l’anéantissement. Mais plutôt que de céder aux sirènes de la rumeur et de la divagation, peut-être est-il temps de revenir à notre centre. Quel est ce socle qui nous constitue ? Quel est notre point d’ancrage ? Parmi tous nos doutes, souvent si précieux, quelle est notre cadre fixe ? Celui solide et intangible, qui comme celui de la bicyclette, autorise le mouvement des roues ? Et si c’était tout simplement notre corps ? Parfois aimé, parfois complexé, mais là. Toujours là, à chaque instant. Pour le philosophe Merleau-Ponty, le corps est « le véhicule de l’être au monde », le « pivot » qui nous oriente. Il n’est pas qu’un objet médical, pas plus qu’il n’est le simple vaisseau de l’âme. Nous ne sommes pas « devant » notre corps, nous le vivons de l’intérieur. Nos os, nos muscles, nos organes, notre peau. Si tout s’agite, revenons à lui, car il est sans doute notre unique boussole. Le reste peut tanguer, qu’importe, il saura nous guider. Honorons le. Faisons lui confiance. Je vous souhaite une journée de douceur, où vous prenez soin de votre refuge inaliénable.

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