• Marie Robert

Ceci est un sms au Père Noël



Et si nous devenions islandais pour cette fin d’année ? Car c’est bien sur cette île de feu et de glace que l’on trouve l’une des traditions les plus excitante, celle du Jólabókaflóðið. Qu’importe la prononciation pourvu qu’il y ait l’idée. Le terme est une contraction des mots « Noël, livre et inondation ». Il n’en faut pas plus pour saisir l’intention. Le rituel, qui consiste à s’offrir des livres le soir du 24 décembre, puise sa source dans les heures fragiles de la Seconde Guerre Mondiale. Le pays, devenu très pauvre, limitait les importations pour éviter le surendettement, mais le papier lui, n’était pas taxé et restait abordable, c’est ainsi qu’il est devenu un cadeau de choix. La possibilité d’offrir un monde même quand tout vient à manquer. L’usage a perduré dans un pays où la lecture est un enjeu majeur, une pratique identitaire, un point d’ancrage, qui s’affiche comme une fierté à l’image du proverbe : « La moitié des islandais écrit, l’autre lit ». Faut-il suffisamment de nuit et de froid pour plonger au cœur des mots, dans l’ivresse du texte. Le reste de la célébration suppose un temps de lecture, un moment partagé réunit autour des pages. Amis lecteurs, auteurs, éditeurs, imprimeurs, faisons de cette tradition la nôtre. Le plus précieux des cadeaux.

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