• Marie Robert

Ceci est un si fragile vernis d’humanité



Le 11 septembre. Bien plus qu’une date, une étrange faille, une locution pour décrire l’Atlantide. 11 septembre. Les syllabes se détachent, les yeux se baissent et le cœur se souvient. Bien sûr, on aura déjà tout dit, tout écrit, tout pensé. La fin des symboles, l’Occident devenu faillible, la hiérarchisation des drames, le retour de Dieu, le deuil, la colère, l’indignation, le sentiment de vulnérabilité, les appels à la vengeance. 2973 victimes, plus de 300 pompiers. La désolation. Tout et son contraire. Le meilleur et le pire. La liberté comme la destruction. 11 septembre. Un monde contenu dans un seul point du calendrier. Dix-huit ans plus tard, New York semble indemne, mais il suffit d’un souffle pour que le souvenir nous inonde. Et surtout, pour que l’on perçoive ce qui dans nos vies s’est consumé. Qu’avons–nous perdu ce jour là ? Qu’avons-nous perdu depuis ? Au-delà de la politique, que disent ces flammes ? Le 11 septembre est un miroir tendu vers notre avenir et qui reflète pourtant le passé. Une métaphysique de la nostalgie. J’avais 13 ans en 1998, 13 ans sur cette photo prise à New York devant le World Trade, 13 ans la dernière fois que j’ai vu les Tours jumelles. Que suis-je devenue depuis ? Comment honorer ce qui n’est plus ? N’oublions pas que le néant nous regarde, non pas pour nous momifier, mais pour nous donner le courage d’avancer.

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