• Marie Robert

Ceci est un rivage.


C’est une histoire de stores à rayures oranges et blanches, de forêts de pin, de plages bondées ou d’océan à perte de vue. A moins que ce soit peut-être un souvenir de camions à pizza, de glaces en terrasse et de tentes montées dans la fraicheur du soir. Qu’importe puisque l’interrogation est la même. Quel est l’été de notre enfance ? Et comment lui appartenons-nous encore aujourd’hui ? De quelle manière sommes-nous marqués par les lieux qui nous ont vu grandir ? Par les univers esthétiques dans lesquels nous avons été plongés ? Ce n’est pas une question de bon ou de mauvais goût, ni même de nostalgie ou de douleur enfouie, il s’agit plutôt de saisir comment se forme nos repères en fonction de ce qu’on met dans notre rétine. Pourquoi se sent-on « arrivé » lorsqu’on parvient à certains endroits alors que nous nous sentons éternellement étranger dans d’autres ? Au-delà de la sociologie, quelle place conférer à nos perceptions ? Quel sens donner à ces milliers de couleurs, de textures, d’odeurs, de sons qui ont composé nos jeunes années ? Comment tout cela s’inscrit-il au cœur de notre mémoire pour ressurgir dans nos choix d’adultes, plus ou moins consciemment ? Et tiens, pourquoi est-ce que j’aime tant les palmiers ? Il y a ces mots précieux de Michel Pastoureau : « L'historien sait bien que le passé n'est pas seulement ce qui a été, c'est aussi ce que la mémoire en a fait. Quant à l'imaginaire, il ne s'oppose nullement à la réalité : il n'en est ni le contraire, ni l'adversaire, mais constitue lui aussi une réalité -une réalité différente, fertile, mélancolique, complice de tous nos souvenirs ». Nous appartenons et nous transformons. Va-et-vient perpétuel. Dialogue constant avec l’extérieur. Alors sans doute qu’au lieu de chercher de vaines réponses à toutes ces interrogations, nous pouvons simplement nous laisser traverser par tout ce qui nous entoure, ouvrir grand les yeux, et collecter des fragments pour notre monde à venir. Je vous souhaite une journée d’aventures pour votre corps et votre pensée.


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