• Marie Robert

Ceci est un refrain.


Ceci est un refrain. Il y a peu de temps, j’ai lu le récit d’une polémique entre les chanteurs Taylor Swift et Damon Albar. Le confondateur des groupes Blur et Gorillaz avait soutenu dans une interview que la chanteuse n’écrivait pas ses chansons et que quelqu’un œuvrait forcément dans l’ombre pour assurer son succès. La remarque renvoyait à l’idée qu’elle n’était pas assez douée pour faire seule. Une heure plus tard, Taylor Swift manifesta sa colère et interpela Damon Albar sur Twitter, lui expliquant qu’il avait le droit de ne pas aimer ses chansons, mais pas celui de l’accuser de ne pas les avoir écrites, et que ce genre d’accusations étaient problématiques. Ce à quoi Albar répondit en s’excusant immédiatement. Mon histoire n’aurait aucun intérêt si elle ne traduisait pas une attitude reproduite des milliers de fois dans notre société : le paysage célèbre de nos jugements quotidiens. Ces petites phrases que l’on prononce par rancœur, par frustration, par jalousie, par ennui parfois. Ces affirmations faciles, que l’on égraine sans scrupule, sous couvert d’honnêteté, de sincérité, voire même de vérité. Ces commentaires dont on s’habille, satisfait de salir les autres, qui l’ont sans doute bien cherché, animé par cette aisance nous laissant croire que la critique est porteuse, et que sa juste cause, mérite sa verbalisation. Quelle curieuse habitude que cette maladie du verbe, que cette fascination pour la chute, que cette joie à l’idée que les chanceux trébuchent, que les bavards se taisent, que les élégants s’égratignent. Et pourtant, que savons-nous des vies d’autrui ? Qui sommes-nous pour distribuer les bons et les mauvais points ? N’avons-nous pas d’autres jouissances ? Il ne s’agit pas de vivre dans un monde lisse, ni de se taire lorsque l’urgence est aux cris, mais plutôt de comprendre que nous sommes tous face au même gouffre. Celui de tenter de vivre, du mieux que nous pouvons, avec les outils que nous avons. La critique n’est noble que lorsqu’elle construit ou qu’elle tire vers le haut. Le reste n’est que vulgaires commérages dans un monde de chaos. Je vous souhaite une journée de paroles justes. #Bonjour

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