• Marie Robert

Ceci est un recueillement



Et si la beauté n’avait rien de futile ? Et si la savourer nous emmenait au-delà de notre être et nous faisait toucher du doigt l’éternité ? C’est cette proposition que formule Marsile Ficin, philosophe humaniste du quattrocento florentin, trop souvent oublié des manuels. Admirateur de Platon, il place le beau tout en haut de son système. Aucune connaissance n’est plus précieuse que le ressenti esthétique. C’est en contemplant des choses profanes que l’âme s’élève vers le sacré. Il s’agit pour Ficin d’exercer son regard, d’apprendre à le poser. Un éclat de lumière. L’attirance d’une courbe. Un tableau de maître. Le grain d’une peau. Un nuage hypnotique. La finesse d’un trait. Un plan séquence. L’ultime perfection d’un paysage. Qu’importe, pourvu que l’œil accueille, absorbe, chérisse. Sans d’autre attente que de regarder. Ne pas posséder, ne pas sauver, ne pas commenter. Mais se recueillir. Face à cette beauté qui nous offre un instant d’au-delà.

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