• Marie Robert

Ceci est un radiateur.


Ceci est un radiateur. La semaine dernière, j’étais en Belgique et je discutais avec mon amie @brigitteweberman, nous parlions des crises qui jalonnent nos vies, des moments d’effroi qui nous paralysent, des errances collectives qui nous privent d’espoir, et des matins de novembre où l’on n’a pas envie de sortir du lit. Nous nous demandions comment faire face à cela, comment continuer lorsque tout nous pousse à arrêter ? Et puis en échangeant, m’est revenu ce terme yiddish, dont j’ai déjà parlé ici. Un de ceux qui réchauffe même le vent glacé, le « balagan ». C’est un mot étrange. Il évoque le chaos, mais désigne aussi le théâtre ambulant. En ukrainien, il signifie la farce. En bulgare, une chose peu sérieuse. En polonais, le « balagan », n’est rien d’autre que le désordre. Le mot viendrait du persan, témoignant une fois de plus de nos vagabondages. Qu’importe sa définition, il honore la force de vie, ce débordement pulsionnel qui nous manque tant, ce bordel émotionnel que l’on porte en nous, et qui rend hommage à notre humanité, dans ses déboires et ses tiraillements. C’est cette folle gaieté qui surgit, même dans la nuit, malgré tous les désespoirs. Ce sont quelques notes entrainantes et infatigables. Il y a longtemps, je venais tout juste de passer la vingtaine, j’étais en voyage à l’étranger, et je me suis retrouvée dans un restaurant où chaque soir, le rituel était le même, immuable. Les gens se retrouvaient pour écouter de la musique et boire de la vodka. L’endroit était exigu et vétuste, les tables en bois étaient lourdes et rendaient difficiles la circulation, mais la fête savait s’y frayer un chemin. Bruyante, débordante, bouleversante. La vie qui se renverse sur les tables, la vie qui décide de ne jamais taire ses palpitations. Voilà où j’ai envie de vous inviter ce matin. Alors en ce mois d’obscurité, que la musique retentisse, que l’amour nous enroule, que la fête à venir soit majesté. Comme si les larmes se mélangeaient aux éclats de rire. Comme s’il suffisait d’y croire. Comme si l’enjeu était toujours de prendre de l’avance sur un possible malheur. Je vous souhaite une journée Balagan. #Bonjour

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