• Marie Robert

Ceci est un répit.

Ceci est un répit. Hier, mon amie Valérie m’a posée des questions sur cette curieuse tendance que nous avons et qui consiste à vouloir « arrêter » des choses. Arrêter le sucre, le café, à moins que ce soit le gluten. Arrêter de culpabiliser, de se teindre les cheveux, d’écrire à son ex. Arrêter de nous plaindre, de dire oui, de traîner sur Instagram. Nous sommes nombreux je crois à entretenir une liste d’habitudes, ou même, de névroses dont nous voudrions nous débarrasser. Évidemment, l’ambition est louable. Dans notre parfaite imperfection nous sommes sans cesse en quête d’améliorations. Nous dressons le bilan de tous nos accrocs et autres addictions, tentant désespérément de les rectifier. Nous engageons des réformes, convaincus que ces changements seront notre salut. Je suis la première pratiquante de ses « arrêts » frénétiques, et pourtant, avouons qu’ils sont interpellants. Pourquoi avons-nous un tel engouement face à cette perspective ? Je crois que notre passion pour l'arrêt est proportionnelle à notre amour du déclic et du miracle. On aime se persuader qu'en supprimant des choses de notre existence, celle-ci va soudain s'éclairer, et revêtir une autre lueur. Identifier des addictions possibles, c'est donner un périmètre à nos angoisses. Se dire que l’on va mal parce qu’on boit trop de café, et qu’il suffit d’arrêter pour se sentir mieux, à quelque chose de salvateur. Paradoxalement, cela est rassurant, on a envie d’y croire évitant ainsi d'affronter des questions parfois plus vertigineuses. Identifier une cause, une source facilement repérable, c’est une façon d'expliquer nos tourments, de les rendre logiques et cohérents, et c’est bien moins terrorisant que de faire face aux véritables ombres. Alors bien entendu, le café peut devenir nocif, tout comme notre ex, la culpabilité ou la surconsommation, mais de temps en temps, peut-être que nous pourrions nous laisser vivre, sans contraindre, ni forcer, ni supprimer, mais en écoutant ce qui vient, peut-être qu’alors, nous comprendrions les besoins et les murmures qui se cachent dans notre sucre, dans notre café ou dans nos plaintes. Je vous souhaite, au lieu d’arrêter, de commencer à vous aimer. #Bonjour


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