• Marie Robert

Ceci est un programme possible.


Ceci est un programme possible. Il y a une question que j’aime bien me poser. Comment a-t-on pu croire à certaines choses ? Comment a-t-on pu croire qu’un homme venait dans nos maisons le soir de Noël pour déposer les cadeaux que nous attendions ? Comment a-t-on pu penser qu’on allait adorer ce travail et qu’il allait changer notre vie, alors qu’il nous a ennuyé au bout de deux mois ? Comment a-t-on pu espérer qu’on allait réussir à faire un couple avec quelqu’un dont les défauts nous semblaient, dès le début, rédhibitoires ? Comment a-t-on pu envisager que le nuage de Tchernobyl s’était arrêté aux frontières de la France ou qu’on pourrait avoir un corps en bonne santé en mangeant seulement de l’ananas ? Mes interrogations ne cherchent pas la polémique, encore moins le débat, l’ambition est plutôt de comprendre nos systèmes de croyances, à quel moment on les adopte et à quel moment on les abandonne. J’ai lu l’autre jour une proposition de réponse qui m’a vraiment marqué, il s’agit de celle de Pierre Bayard évoquant Paul Veyne au sujet des mythes grecs : « Il existe une pluralité de programmes de vérité à travers les siècles, et ce sont ces programmes qui expliquent les degrés subjectifs d’intensité des croyances, la mauvaise foi, les contradictions en un même individu ». L’expression peut sembler complexe et pourtant, elle désigne quelque chose de clair. Le programme de vérité auquel obéissaient les Grecs était différent du nôtre, d’où notre difficulté à comprendre la place accordée aux mythes. Et c’est pareil pour le reste de nos vies, nous établissons des programmes de vérité sans nous en rendre compte, puisque nous le faisons implicitement. Le Père Noël a vraiment existé, mais il a vraiment existé dans un monde de fiction, donc le monde du Père Noël est faux, cependant l’existence du Père Noël est vraie. Ça ne veut pas dire que tout est relatif, ça signifie plutôt que nous nous promenons dans des degrés de vérité en fonction de nos besoins et des étapes de nos vies. En prendre conscience, c’est choisir la nuance et préférer la complexité aux visions tranchées. Je vous souhaite un programme qui vous convient. #Bonjour Credit : @therealpeterlindbergh

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