• Marie Robert

Ceci est un programme éducatif.


Ceci est un programme éducatif. Ces derniers jours, il se passe quelque chose de singulier, c’est que la plupart de nos discussions d’école tournent autour de la série « Squid Game ». Pour ceux qui comme moi, ne sont pas très familier avec ce genre de phénomènes, il s’agit d’une série télévisée sud-coréenne, créée par Hwang Dong-hyeok, et diffusée sur Netflix. La série raconte l'histoire d'un groupe d’individus, fortement endettés, qui risquent leur vie dans un mystérieux jeu de survie, espérant obtenir en récompense, une forte somme d’argent. Rien de véritablement inédit dans la dialectique classique des humiliés prêts à tout pour sortir du néant. Rien de surprenant dans l’alternative narrative qui oscille entre la fortune et la mort. Et rien de choquant non plus dans la perspective d’une fiction qui cherche peut-être à dénoncer la société contemporaine. Mais si la série est devenue un tel sujet de conversation, c’est d’abord parce qu’elle est un incroyable succès, et ensuite, parce que les épreuves auxquelles sont soumis les participants mettent en scène des jeux d’enfants, donnant l’idée à ces derniers de les reproduire dans les cours de récré. « 1, 2, 3 soleil » qui finissent par des passages à tabac, imitation de coups de feu, étouffements, etc., la multiplication des cas est suffisante pour que ce ne soit pas un fait isolé et mineur. Il y aurait sans doute beaucoup à dire sur le contrôle parental, sur l’accès aux images, et sur la capacité à faire la différence entre fiction et réalité, mais ce qui serre mon cœur ce matin c’est une question, assez éloignée de « Squid Game », mais c’est la seule au fond, qui me préoccupe : quand est-ce que nous nous sommes habitués à la violence ? Quand est-ce que nous avons normalisé notre agressivité, nos tensions, nos insultes, nos coups ? Quand avons-nous intimement et collectivement renoncé à la douceur ? La responsabilité n’est pas celle d’une série, elle est la nôtre, elle est celle de tous ceux dont les mains ont oublié la puissance de la caresse, et dont les bouches, ont omis le précieux murmure du dialogue. Voilà ce que je veux transmettre. Je vous souhaite d’imiter la beauté d’une étreinte. #Bonjour

12 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout