• Marie Robert

Ceci est un prisme.


Hier soir, en me couchant, je me suis dit qu’au réveil, j’aimerais écrire sur la frustration. Sur ce curieux sentiment qui nous submerge, qui s’enracine dans une déception qu’on ne parvient plus à gérer. La frustration est un manque. Un creux qui se crée en nous et que l’on remplit de colère, de peine, de maladresse. Et même parfois, d’un acide renoncement. Dans « L’avenir d’une illusion », Freud la définit comme « le fait qu’une pulsion ne peut pas être satisfaite ». Tout à coup, nous sommes coupés en plein désir, encerclé par la négation, sans d’autre alternative que de rester là à ruminer, à maudire, à taper des pieds, à remuer des montagnes pour que les autres entendent à quel point notre impuissance est douloureuse, injuste, insupportable. Hier soir donc, je voulais écrire sur cela, raconter combien la période que nous traversons est une épreuve pour notre motivation. Et puis finalement en ouvrant les yeux ce matin, la couleur du ciel n’est pas la même. Les nuages ont balayé délicatement la nuit. La chaleur des draps est pleine, ample, gorgée de ce quelque chose qui rassure et ressource. Une autre pulsion a pris place. Comme une onde répondant à l’autre. Une pulsion triomphante, insolente, celle qui n’attend rien pour être satisfaite. Une pulsion d’amour. Je vous souhaite une journée d’accomplissements heureux.

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