• Marie Robert

Ceci est un plongeon.


Ceci est un plongeon. Il y a un sujet sur lequel j’écris souvent. C’est bien entendu la question de la confiance, ou plus précisément l’arbitrage entre, d’un côté, une angoisse existentielle, qui nourrit mes questionnements, mon intuition, ma sensibilité, voire même mon métier, et de l’autre côté, une indispensable confiance en moi, mais aussi, et surtout, en la vie, en ces possibles qui se renouvellent sans cesse, et qui nous donnent le courage de croire que notre monde ne va pas s’arrêter de tourner. Souvent, je tangue entre les deux. Entre une terreur des fins, de toutes les fins, et une passion absolue pour les débuts, pour l’ivresse des matins. Chaque jour, je me réveille heureuse de ne pas être encore morte, de pouvoir à nouveau aimer, écrire, lancer des projets, rencontrer des gens, aider, tendre la main, collaborer. Mais chaque soir, je me couche avec la conscience aiguë que les « choses » tiennent à un fil. Un tout petit fil. Comment se fait-il que nos organes arrivent à faire autant de prouesses quotidiennes ? Comment est-ce possible que mes parents, mon frère et mes proches continuent de m’aimer ? Et par quel miracle ai-je encore un travail, des lecteurs, et même de l’argent ? Comment se fait-il que tout ne se soit pas arrêté ? Peut-être que certains trouveront que ce sont d’étranges questions, et pourtant, elles m’habitent en permanence, comme si rien jamais n’était évidence, comme si tout devait être perçu pour être apprécié. Peut-être est-ce lié au fait que je suis née à la fin de l’année, à une heure de crépuscule, dans une obscurité si grande, qu’il en fallu de l’espoir pour choisir la lumière, pour décider, avec audace, d’aller vers elle et se convaincre qu’à un moment vient l’aube et le printemps. C’est cette même fougue que je nous souhaite aujourd’hui, ce courage philosophique dont nous avons tant besoin. Nous pouvons tanguer, mais en laissant nos pieds nous ancrer du bon côté. Celui des lueurs et des joies profondes. Celui de la créativité qui nous fait sortir de la nuit. Je nous souhaite comme le dit si bien Camus, de la pertinence d’une pensée pessimiste et la puissance d’une action optimiste. #Bonjour Credit : @sophiemarceau

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