• Marie Robert

Ceci est un pilier.


Et voilà. Pour la première fois depuis que je suis en âge de rédiger des dissertations, et surtout, pour la première fois depuis que j’enseigne, ce mois de juin n’aura pas été marquée par l’épreuve du bac. Mon ventre m’adresse un vide auquel mon esprit cherche à donner une signification. « Le baccalauréat ». Comme mot de passe liant les générations. L’obsession des profs, l’angoisse des élèves. Dans ma tête se déroule un curieux inventaire. Combien de palpitations sous les stylos ? De jours passés enfermés à rédiger des fiches ? De superstitions absurdes ? Et de tendres crises de panique ? Combien d’Annabac jetés sur le lit ? De parents à bout de patience ? De révisions à l’arrache ? De soir de liesse à fêter des points au-dessus de la moyenne ? Combien d’auteurs invités à répondre aux sujets de philo ? Et de polémiques autour de son contenu ? Passage élitiste pour les uns, honte bradée pour les autres. A combien de lignes le bac a-t-il donné naissance ? Et le voilà dissout dans le flux d’une année nébuleuse. L’enjeu n’est pas de savoir s’il reviendra, et si oui comment, pas plus que de céder à une oppressante nostalgie. Mais peut-être est-il pertinent de cerner quels sont ses rituels qui nous rattachent les uns aux autres. Ces points d’ancrage collectifs dans un monde de singularités. Ces cérémonies désuètes dont on se souvient des années après. Ces instants qui évoquent quelque chose à chacun d’entre nous. Le bac est mort, vive le bac. Je repense émue à l’un des derniers sujets m’ayant tant touché : « Suis-je ce que mon passé à fait de moi ? ». Nous avons la vie pour y répondre. Je vous souhaite une longue dissertation.

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