• Marie Robert

Ceci est un paysage.


Ceci est un paysage. C’est drôle, hier était une journée sans. Une de ces journées où les angoisses sont rampantes. Elles se cachent au coin de la rue et bondissent sur nous sans d’autre issue que de nous mettre à terre. Alors soudain, le monde tout autour semble se rétrécir, on suffoque, le ventre se creuse, les épaules se tendent, et les pensées obsédantes vont jusqu’à réduire le champ de vision. Tout à coup, rien ne va. On a beau relativiser, connaître notre chance, user de stratégie pour endiguer les ravages, le vertige est bien là, massif et oppressant. Alors, il faut laisser passer la vague. Ne pas lutter, mais observer ce qui se joue ici, constater ce qui nous submerge. Et lorsqu’on revient enfin sur le rivage, lorsque les idées redeviennent claires, alors seulement commence le travail. Ce travail incessant, qui jamais ne s’arrête, ce travail d’une vie, celui qui nous engage non pas à rejoindre une destination, où à atteindre un objectif, mais à tenter autant que possible d’harmoniser toutes les facettes qui nous composent. L’étrange puzzle de notre « je ». Notre éducation, notre conscience, notre volonté, nos peurs, nos sensations, notre corps, notre âme, nos ambitions, nos ombres. Laisser une place à chacun de ces fragments, sans vouloir les faire disparaître, mais en essayant de les rendre acceptables. Pourquoi les pièces obscures seraient plus honteuses que les pièces colorées ? Ça parait superficiel ou égocentrique, pourtant, je crois que c’est quelque chose que nous devons à nous-mêmes, et aussi aux autres, car plus notre puzzle se reconstituera, plus nous arriverons à être en paix avec autrui, sans leur faire subir notre désordre, nos crises de larmes, notre violence. Solidifier notre « je » pour oser le « nous ». Rien n’est évident dans la santé psychique, c’est une aventure étrange, complexe, ardue. Chaque jour nous pouvons chanceler, nous pouvons défaillir, mais nous pouvons aussi nous demander, qu’est-ce qui nous rend consistant ? C’est dans cette enquête que réside notre stabilité. « De temps en temps - Les nuages donnent un répit - Aux contempteurs de lune » - Jaccottet. Je vous souhaite d’aimer tous vos ciels. #Bonjour

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