• Marie Robert

Ceci est un périple



Nous marchons le long d’une crête. Un mois déjà. Un mois seulement. Un hypothétique mois en ligne d’horizon. Le temps se dissout, ne reste que la durée. Intime, subjective, flottante. C’était comment avant ? Cet avant que l’on scrute, que l’on questionne, et que l’on rejoue, sans cesse, dans nos têtes. Nous sommes condamnés à un éternel présent, le seul théâtre qui jamais ne ferme. Et dans nos cœurs défilent inlassablement un indéfectible espoir, une vive colère, une tendre mélancolie. Les moments de grâce surgissent dans la noirceur de nos doutes, dans le soleil de nos angoisses. Quand est-ce qu’on arrive ? L’écho feutré de nos appartements n’en a que faire de nos appels. Dans ces méandres, il nous faut cheminer à tâtons, oser questionner nos systèmes, se taire pour laisser apparaitre nos cohérences. L’Odyssée d’Homère raconte la nécessité du retour à la vie normale. La rage guerrière fait place à la lassitude du héros qui veut juste rentrer chez lui. Dans un des épisodes, Eole remet à Ulysse une outre en cuir, contenant tous les vents contraires, ceux capables de déchirer le monde. Un soir, alors qu’il est endormi, ses compagnons ouvrent l'outre qu’ils croient remplie d'or. Les mauvais vents s'échappent. La tempête se déchaine semant le chaos. Nous sommes Ulysse, pris dans une interminable errance. Nous devons apprendre à vivre à travers les vents, dans le souffle de nos destinées toujours mouvantes. Mais n’oublions pas, qu’un pas après l’autre, on finit toujours par arriver.

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