• Marie Robert

Ceci est un nouvel épisode.


Ceci est un nouvel épisode. Ces derniers jours, je n’ai pas l’esprit tranquille. Comme si quelque chose se tenait tapis là derrière moi, prêt à mettre fin à ma sécurité. Quel est ce monstre sous mon lit ? Est-ce la fatigue ? La nouvelle lune ? La fièvre ? Le climat général ? Les épidémies à répétition ? L’enlisement ukrainien ? Les écoles inaccessibles aux filles en Afghanistan ? La banalisation de l’extrême droite en France ? La catastrophe écologique ? Sans doute est-ce un peu de tout cela, une étrange nausée face à l’ordre du monde. Mais dans ma confusion, si je parviens à être lucide, ce qui réellement me chavire, c’est l’ampleur de ma responsabilité en tant qu’individu, car je fais partie de ce que je juge et chacun de mes pas m’engage. On a tellement envie de se faufiler. On est tellement tenté de détourner le regard, d’accepter le déluge, de considérer que tout cela est d’un ennui mortel, de se noyer dans le divertissement. Je comprends la fuite. J’aime la profondeur mais la gravité m’oppresse. Et pourtant, lorsqu’autour de moi j’entends que c’était mieux avant parce qu’on pouvait être léger, je suis perplexe. Est-ce que tous les âges n’ont pas eu leurs défis et leurs précipices ? Hier comme aujourd’hui, nous ressentons une incertitude fondamentale devant le sens, ou plutôt le non-sens de l'existence. Pourquoi sommes-nous là ? Qu’avons-nous à faire sur cette terre ? Qu’avons-nous à saisir ? Qu'est-ce qu'exister pour un être doté d'une conscience, dans un monde où nous n’avons pas de destin tout tracé ? Démunie face à de possibles réponses, je suis allée poser ces questions à Sartre et Beauvoir, dans mon dernier épisode de podcast qui sort aujourd’hui. Je suis allée leur demander ce qu’était le vertige d’un temps dévasté par la guerre et la dictature. « On ne peut pas mener une vie correcte dans une société qui ne l’est pas » déclara Beauvoir en 1954. Il faut donc transformer la société pour accéder à la sérénité. Loin de l’individualisme dans lequel nous sommes plongés, la démarche se veut globale, l’homme vit dans le monde et ne peut lui être indifférent. Je vous souhaite d’entendre ce que les figures du passé ont à nous dire. #Bonjour@les.podcasteurs

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